05.02.2008
Parce que certains aiment bien ce que j'écris...
L'usure ne les atteint jamais et leur chaleur reste constante quelle que soit l'époque.
Et ces amours sont admirables car d'aucun qui les porte ne meure jamais.
Leur mémoire reste vive, leur regret éternel...
Leur joie les fait sourire tout comme les fait pleurer leur peine.
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24.05.2007
Un don du ciel
Depuis logtemps elle occultait les paroles blessantes, les injures même, jusqu'à cet odieux épisode du crachat.
Dès lors, son affreux visage, le reflet de son âme, devint sa croix, un fardeau qu'elle voulait à tout prix gommer. Elle regarda par la fenêtre, la buée commençait à se former sur la vitre, lui renvoyant son reflet l'espace d'un instant. Elle crut alors voir son vrai visage: paisible, beau, comme elle au fond.
Puis son regard se durcit, comme si elle se jurait quelque chose, comme pour se faire violence. "Dieu ne peut pas tout donner, alors un jour je me servirai...seule..."
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04.03.2007
Les mots n'ont pas leur place
Elle se releva du sol en s'appuyant sur le rebord de la baignoire. Foutue douleur! Elle cracha aussitôt dans l'évier le sang amer qui coulait de sa bouche. Dans la lutte, elle n'avait pas senti que le coup avait provoqué une déchirure à sa lèvre. Fallait qu'elle aille chez un Doc', un putain de Doc' qui en aurait rien à foutre, parce que des femmes battues il en voyait régulièrement, et que ces femmes-là, y'avait rien à en tirer elles portent pas plainte de toute façon.
Elle se releva du sol, doucement, parce que ses côtes lui faisaient mal aussi. Merde! Pourvu qu'il y ait rien de cassé, fallait qu'elle bosse demain... Et la chef qui lui demanderait "Alors, t'as encore reçu une beigne! Le salaud, faut toujours qu'il te frappe au visage?" De toute façon, elle répondrait pas, elle dirait rien parce que les mots n'ont pas de pouvoir sur des crapules comme le sien... Les mots, c'est limite bien pour les gens friqués, qui se font chier dans leur putain de vie de richards, et qui vous disent les yeux ronds qu'ils vous comprennent... Alors qu'y pigent rien... Foutus richards...
Elle se lava le visage à l'eau froide, et se regarda dans le miroir: y a longtemps qu'elle faisait plus son âge, à peine baisable comme lui disait ce chien avant de la tabasser. Faut dire qu'avec son boulot de ménage, elle rentrait crevée, vidée, elle réchauffait vite un reste de la veille, l'engloutissait debout et tombait de fatigue sur le canapé. S'il est pas content, l'a qu'à aller voir ailleurs... Mais c'est ce que je fais grognasse! qu'il lui disait. Tu crois que je vais me farcir ta tronche pour la vie? Tu rapportes rien... Je veux même plus te voir! Tu fiches le camp!
Elle irait où après? Elle ferait quoi? A qui elle pourrait en parler? Les mots n'ont pas leur place dans son monde. Un monde dégueulasse, un monde où elle perdrait toujours. Elle ravala un peu de sang qui continuait à couler, fallait qu'elle voie un Doc'!
Demain? Demain, elle serait plus là...
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